En bref : reprendre le pouvoir sur sa vie ne signifie pas ne plus avoir besoin de personne. Cela signifie retrouver la capacité d’agir sur ce qui dépend de soi, tout en reconnaissant ce qui nécessite du soutien, du temps ou des ressources extérieures.
Il existe des moments où l’on traverse une situation difficile et où l’on aimerait profondément que quelqu’un arrive avec la solution. Qu’une personne comprenne exactement ce dont nous avons besoin, nous aide, nous rassure ou rende enfin les choses plus simples.
Ce désir n’a rien d’anormal. Nous sommes des êtres relationnels et l’entraide fait partie de ce qui permet aux personnes, aux familles et aux communautés de tenir.
Mais une autre question peut devenir importante : dans cette situation, qu’est-ce qui dépend encore de moi ?
Responsabilité ne veut pas dire culpabilité
Lorsque quelque chose nous arrive, nous n’en sommes pas automatiquement responsables. Nous ne choisissons pas toutes les circonstances, le comportement des autres, les accidents, certaines contraintes économiques ou les événements que la vie impose.
En revanche, il existe souvent une différence entre être responsable de ce qui s’est produit et retrouver une responsabilité dans ce que nous faisons ensuite.
C’est cette seconde responsabilité qui m’intéresse. Elle ne cherche pas un coupable. Elle cherche une marge de mouvement.
La responsabilité devient libératrice lorsqu’elle nous rend une possibilité d’action, pas lorsqu’elle nous ajoute une raison de nous accuser.
Demander de l’aide n’est pas remettre son pouvoir à quelqu’un
Il y a une idée que je trouve importante à corriger : l’autonomie n’est pas l’autosuffisance.
On peut être pleinement actrice de sa vie et demander de l’aide. On peut solliciter un proche, une professionnelle, une institution ou une personne plus compétente sur un sujet.
Recevoir du soutien n’annule pas notre responsabilité. Parfois, l’action la plus responsable consiste justement à reconnaître que l’on ne peut pas tout porter seule.
Ce qui crée une dépendance problématique n’est donc pas l’aide elle-même. C’est lorsque toute possibilité de mouvement semble suspendue à ce qu’une autre personne fasse, comprenne ou décide à notre place.
Distinguer ce qui dépend de toi de ce qui ne dépend pas de toi
Lorsqu’une situation devient lourde, tout peut se mélanger. On pense à ce que l’autre devrait faire, à ce qui aurait dû se passer, à ce que la vie aurait dû nous éviter.
Revenir à sa marge d’action demande parfois de séparer trois espaces :
- Ce que je ne contrôle pas : les choix d’autrui, le passé, certaines circonstances.
- Ce que je peux influencer : une conversation, une demande, une négociation, une recherche de soutien.
- Ce que je peux décider : ma prochaine action, ma limite, mon organisation ou la manière dont je réponds à la situation.
Cette distinction paraît simple. Pourtant, elle change souvent énormément l’expérience intérieure : l’énergie cesse d’être entièrement mobilisée par ce qui ne répond pas et revient vers les endroits où quelque chose peut encore bouger.
Le risque inverse : transformer l’autonomie en armure
Il existe aussi un autre piège : avoir tellement appris à ne compter que sur soi que recevoir devient presque impossible.
On peut alors appeler cela de la force, alors qu’il s’agit parfois d’une protection : ne rien demander pour ne pas être déçue, tout anticiper pour ne dépendre de personne, porter jusqu’à l’épuisement pour conserver le contrôle.
La liberté ne se trouve probablement dans aucun des deux extrêmes. Ni dans l’attente qu’une personne nous sauve, ni dans l’obligation de n’avoir jamais besoin de personne.
Elle se trouve davantage dans cette capacité à dire : « Voici ce que je peux faire. Voici ce que je ne peux pas faire seule. Et voici l’aide que je peux demander sans abandonner ma place. »
Quelques questions pour retrouver ta marge d’action
- Qu’est-ce que j’attends actuellement d’une autre personne ?
- Est-ce réellement sa responsabilité ou est-ce une attente que je n’ai jamais exprimée ?
- Quelle partie de la situation ne dépend objectivement pas de moi ?
- À quel endroit ai-je encore une possibilité d’action, même petite ?
- Quelle aide serait réellement utile aujourd’hui ?
- Est-ce que je refuse parfois de demander du soutien parce que je crois devoir tout gérer seule ?
Quand tu ne sais plus ce qui dépend encore de toi
Certaines situations deviennent si chargées qu’il devient difficile de distinguer ce qui appartient au passé, à l’autre, à la peur ou au mouvement réellement nécessaire.
La Séance Passage & Clarté permet justement de remettre de la lisibilité dans ce qui se joue et d’identifier le prochain mouvement qui t’appartient réellement.
Médium · Cartographe d’Âmes · Créatrice de l’Architecture de l’Incarnation